Artist Statement

(français en dessous)

“Fantasy abandoned by reason produces impossible monsters. Fantasy united with reason is the mother of the arts, and a source of wonders.” -Francisco Goya

My discipline is composed of drawing-installations and book-works, at the boundaries of perception and fantasy, humans and other animals, deep time and the present. What we think about, remember and imagine has powerful effects on how we perceive and experience, on what we believe and how we behave. This is what prevents me from dismissing the imaginary as completely unreal.

Over the years, I have amassed an enormous collection of papers – ranging in scale from postcards to murals – drawn, written, wrinkled and saturated with ink. Some are pieces unto themselves, some are pages for hand-bound books and zines, and some are materials for dense installation-environments, tailored to the architecture of the rooms that they occupy.

Though the content of my work ranges from the biological to the phantasmagorical, there is a persistent interest in human empathy for other species, and in the difficulty of fathoming deep time – the world millions of years ago, and the world ahead. The animals I contemplate most are the species that never existed, that no longer exist, and those that are on the brink of extinction. For example, I love dinosaurs because they are completely real and completely imaginary – they are monsters for real. This tension between what is real and imaginary, what once existed and no longer exists, is the uniting principle in all my work.

Just as fairytales have often served a cautionary function, I hope these drawings of monsters and lonely places may cast and catalyze some doubt over presumed human preeminence.

Jim Holyoak, 2017

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Démarche artistique

« L’imagination abandonnée par la raison engendre des monstres impossibles; quand elle y est unie, elle est la mère des arts et la source de leurs merveilles. » – Francisco de Goya

Ma pratique se compose à la fois d’installations de dessins et de livres d’art, explorant les ponts et les frontières entre perception et imagination, humains et autres animaux, temps anciens et temps présent. Ce dont on se souvient, ce que l’on pense ou imagine a de puissants effets sur notre manière de sentir, de percevoir, d’appréhender le monde, et sur notre comportement. C’est ce qui m’empêche de rejeter l’imaginaire comme étant quelque chose de complètement irréel.

Au cours des quinze dernières années, j’ai amassé une énorme collection de papiers – allant de l’échelle de la carte postale à celle de la murale – dessinés, écrits, froissés et saturés d’encre. Certains fonctionnent comme des œuvres en soi, individuelles, d’autres sont des pages de fanzines ou de livres reliés, et d’autres sont de l’ordre du déchet ou du débris. Ce matériel est réemployé dans des installations plus denses, environnementales, pensées selon les espaces et l’architecture qu’elles occupent. Mon travail se déploie la plupart du temps en nuances de gris. C’est dans les limites de l’encre, du graphite, du papier, de la lumière et de mon propre corps que je trouve une variété inépuisable de pensées et de formes d’expressions. Cela est d’autant plus vrai que mon travail comprend à la fois le dessin et l’écriture créative.

Au delà du contenu de mes œuvres, allant du biologique au fantasmagorique, le point d’ancrage de mon travail réside dans l’intérêt persistant pour l’empathie humaine à l’endroit des autres espèces, et dans la difficulté de sonder les temps anciens – le monde d’il y a des millions d’années, et le monde à venir. Les animaux qui me fascinent le plus sont les espèces n’ayant jamais existé, celles n’existant plus et celles menacées d’extinction. En ce sens, j’aime les dinosaures, car ils sont à la fois complètement réels et entièrement imaginaires – ils sont des ‘monstres pour de vrai’. Cette tension entre le réel et l’imaginaire, ce qui a existé et ce qui n’existe plus, est le principe unificateur dans tout mon travail.

Parmi les questions que je me pose récemment, figurent les suivantes: Le seul souhait de vouloir sympathiser avec le non-humain, ou la simple tentative de s’imaginer être autre chose qu’un être humain, pourrait-il donner accès à des connaissances en dehors de notre expérience humaine? Est-ce possible pour un artiste comme moi d’entrer en contact direct avec la « nature », ou puis-je seulement tenter de la définir? Comment le langage et les images façonnent-ils nos perceptions de nos environnements, d’autres espèces et de l’un et l’autre? Comment et à partir de quand les histoires et les images en viennent-elles à s’incarner de manière significative dans le monde réel?

Bien que profondément préoccupé par la notion d’extinction des espèces, les changements climatiques et la violence exercée envers les animaux et l’environnement, je continue à croire en une certaine forme d’enjouement, en une certaine faculté de suspendre l’incrédulité et en la puissance de l’imagination brute. J’espère que mon travail saura instaurer un certain malaise quant aux vues anthropocentriques de la suprématie humaine. Tout comme les contes de fées, ayant souvent une fonction d’avertissement, mes dessins de monstres et de lieux hantés se situent dans cet avenir inévitablement solitaire qui attend notre espèce si nous continuons ainsi avec le fondamentalisme, la guerre et l’écocide. À travers le dessin, les installations et les livres, j’aspire à une forme de rencontre holistique entre mes préoccupations artistiques, sociales et environnementales.

Jim Holyoak  2014

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